27 juillet 2007
QUELQUES JOURS - ÉGYPTE - GRAND VOYAGE
Quelques jours
Les mauvais jours se suivent, se ressemblent et s'assemblent depuis le 30 juin, à quelques exceptions près.
Le
23 juillet, je suis allée en Ardèche dans la famille, mon oncle est
venu me chercher à la gare, il ne m'a pas reconnue de suite et j'ai mis
encore plus de temps à le repérer malgré ses grands signes.
Le 24 juillet, le soir, j'ai regardé Alexandre
à la télé, un film un peu rebelle qui ne se laisse pas facilement
regarder et qui vaut surtout pour la présence du beau visage de Jared
Leto dans le paysage.
Le 25 juillet, j'ai trouvé dans le salon une
cassette à écouter, et la peur d'être surprise en train de sautiller
m'a empêchée d'en profiter comme je l'aurais souhaité. Pieds,
chevilles, jambes, hanches, buste frustrés, j'ai tourné en rond
sobrement malgré le rythme qui montait du sol et auquel brulaient de
réagir les membres susnommés.
Cette nuit, juste avant le réveil,
j'ai fait probablement l'un des plus beaux rêves de ma vie, un rêve
plein de mutilations dues à Nip Tuck que je me suis laissée aller à
regarder hier soir. Je rencontrais un alchimiste - je rencontre assez
souvent des mages ou des alchimistes dans mes rêves, et ce sont
toujours d'excellents rêves - on faisait des trucs incroyables et je l'aimais d'une manière totale, indépendante des classifications sentimentales. Ce matin, retour à la réalité, mais je garde ce rêve
en tête, et j'en profite pour me rappeler des autres histoire pour me
remonter le moral. Je rêve parfois de choses tellement belles, et
tellement sorties de nulle part à première vue, que je soupçonne mon cerveau de compatir à ma peine et de produire tout ça dans l'unique but
de me faire plaisir. J'irais presque jusqu'à l'apprécier, le pauvre, c'est dire.
Égypte
Je lis Le Livre des Morts en ce moment, c'est pas mal. Extrêmement concret. Le matériel occupe là-dedans une position que certains jugeraient indignes, mais qui me plait. Ça me rappelle des discussions que j'ai eues où d'aucuns avançaient qu'on ne peut pas mélanger profane et sacré. Ben voyons, tu le sors d'où ton symbole sacré, du néant, de l'inexistant? Le dromigeat sacré. La gunhidse sacrée. Le nœud d'Isis sacré, l'œil sacré, de suite, ç'a plus de classe. Le côté profane du sacré dont ce dernier est issu a quelque chose de fascinant. Quand on lit des livres sur la religion égyptienne, celle-ci est présentée comme ayant fait partie intégrante de chaque instant de la vie des Égyptiens. Alors oui, certes, pour ce que j'en sais c'est pas moi qui vais me permettre de dire le contraire (de toute façon c'est le cas de toutes les religions à une époque ou une autre de leur existence). Mais bref, ce que je veux dire, c'est que, soit les livres eux-mêmes nous présentent les choses de la sorte, soit on de l'imagine tout seul comme un grand idéaliste forcené, mais à chaque fois les braves gens de l'époque apparaissent comme des êtres nobles, spirituellement élevés, supérieurement lucides sur le sens de la vie.
Dans le livre (très recommandable) que je lis qui est de Guy Rachet, il n'est fait nulle mention de ce genre de choses, mais c'est marquant chez Marion Zimmer Bradley dans ses Dames du Lac par exemple (j'ai bien aimé, cela dit, même si avec du recul je lui reconnais une tendance marquée pour la nunucherie). Tous les personnages, même les plus vils, sont d'une noblesse irréelle. Comme si le beaufisme et la médiocrité étaient inhérents à notre seule époque et n'avaient jamais existé. Pourtant c'est touchant d'imaginer la petite famille égyptienne antique moyenne, avec crises d'ados, claquages de portes, rouspétage parce que le petit veut pas finir son assiette. Des relents d'humanité se font parfois sentir dans les livres de fictions sur le passé mais ça reste globalement bien trop idéalisé, ou alors c'est de l'ordre du mièvre. Exemple = Jeanne Bourrin qui, dirais-je, porte bien son nom, la mauvaise. La chambre des dames, roman sur le Moyen Âge, est effroyable.
C'est tellement fascinant d'imaginer que d'autres petits humains aient pu avoir la même vie, fondamentalement je veux dire, et ce mis à part quelques extrêmes, que moi-même. Les mêmes soucis de gens, les grands questionnements à deux balles, ou pas, partagés par des milliards de personnes qui ne font pas que vivre en société selon leur culture, leur religion, leur époque, etc, mais dépassent et dépasseront toujours et partout les groupes, à différents degrés.
Grand voyage
Je me disais aussi, récemment, que le réchauffement climatique c'est vraiment dramatique, sauf que ça on a l'habitude, mais que c'est aussi extraordinaire, car concrètement, même si ça me plait de faire quelques efforts écolos de base, même si ça me met réellement en colère de voir le rienàfoutrisme global dans lequel on patauge allègrement malgré une vague prise de conscience récente, eh ben, je trouve ça extraordinaire. D'un côté tout ça est motivé par quelque chose d'objectif, totalement, on sait bien qu'on est dans la merde absolue à ce niveau-là, c'est prouvé, reprouvé depuis des années, mais malgré tout, quand, en 999, il a fallu passer à l'an mil, tout le monde était convaincu que ce serait la fin du monde. C'était motivé différemment, certes, mais c'était admis, considéré comme raisonnable de la même manière qu'est considérée comme raisonnable notre inquiétude pour l'environnement.
Dans un autre ordre d'idée je me suis dit aussi que la colonisation d'une autre planète par l'homme ne s'avère plus être une hypothèse complètement absurde, insensée, loufoque, inconcevable. Alors c'est à peu près sûr qu'on va tous se retrouver drôlement mal à cause du réchauffement climatique. Des centaines d'espèces vont y rester, des millions de gens crever encore plus que quand ils crevaient déjà et ça m'attriste sincèrement. Mais, au-delà de la peine et du dégoût que cela m'inspire pour notre misérable espèce de demeurés congénitaux, quelque chose m'attire, un changement radical, que je ne verrai peut-être pas. C'est ouf, c'est de la SF, mais il va bien falloir qu'on y arrive un jour: on peut éviter que les choses continuent de se dégrader mais on ne fera jamais marche arrière. Et quand on aura élaboré et mis en œuvre toutes les solutions possibles et imaginables pour le maintien de la population humaine sur Terre, et que celle-ci sera quand même esquichée dans sa limite ultime, il faudra bien envisager d'aller faire chier le monde, encore, toujours, mais Ailleurs. Un Ailleurs avec une majuscule, un nouveau monde, un vrai quoi, comme en 1492.
Je serai surement morte depuis belle lurette quand un projet de ce genre naîtra, ou alors, pire (quoique), je serai surement trop vieille pour faire partie des colons. Horreur ! Remarquez, ils auront peut-être besoin de vieux pour transmettre les savoirs ancestraux, hein, hein? Oui parce que, bien entendu, et quoi qu'il m'en coûte, je serais la première à bondir, telle un cabri hystérique, dans la fucking navette qui m'emmènerait faire la niaise dans les étoiles. C'est un vertige qui me donne envie de hurler de rire et pleurer à la fois, un vertige qui donne envie de vivre. Non pas parce que la vie c'est chouette, beau, fun, mais parce qu'elle est trop vaste, et toute mon immense curiosité (qui constitue l'essentiel de mon énergie vitale) ne pourra jamais être lassée, sera toujours trop minuscule pour parvenir à englober le grand univers lumineux et sombre.
Commentaires
Marjane
Je sais que ça n'a rien à voir. Mais je voulais juste recommander ici ce film qui m'a beaucoup touché: Persepolis.
Bises
C'est très beau. J'aurais aimé parler des Egyptiens avec toi en direct. Bah.
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